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Pas de trêve pour les bénévoles de la SNSM à Toulon

 

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Les bénévoles de la Société nationale de sauvetage en mer sont de permanence chaque jour… Sacrifiant repas de fête si besoin, loisirs… Mais pour ces hommes, porter assistance en mer, sauver une vie humaine, ça n'a pas de prix. Éric Estrade

Porter assistance, sauvegarder des vies humaines en mer : telle est la mission de la Société nationale de sauvetage en mer, dont les bénévoles sont d’astreintes 24 h sur 24, tous les jours

«On est volontaire, on l'accepte…» Jean-Luc Exposito sait que les festivités de fin d'année peuvent être amputées sur un appel de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM). Il lui faudra alors rejoindre, dans le quart d'heure, la vedette basée au port de Saint-Mandrier.

À 55 ans, cet ancien sous-marinier, reconverti en commercial pour une entreprise, consacre depuis neuf ans une large part de son temps libre au bénévolat pour l'association dont le rôle, la mission, est la sauvegarde des vies humaines en mer. Ses soirées, les week-ends et « une partie des vacances » sont dédiés à la SNSM…

Dix-sept bénévoles

De la presqu'île mandréenne où est ancrée la vedette, les hommes de la SNSM assurent la surveillance du plan d'eau depuis l'Escampo Baniou (les pierres tombées, après l'île des Embiez) jusqu'aux rives de Carqueiranne. « Au-delà, c'est la station de Hyères ou de Porquerolles qui prend le relais», explique Jean-Louis Kleparsky, patron des sauveteurs en mer de la station La Seyne-Saint-Mandrier. Un vieux loup que trente années au service de la vie humaine en mer n'ont pas fait renoncer à porter assistance.

Jean-Louis Kleparsky dirige dix-sept bénévoles. Le « bidou » est âgé de 25 ans, le plus âgé de 63… « Moi je suis le plus ancien !», sourit Jean-Louis. Pêcheurs, anciens marins, marins d'État… presque tous vouent une passion sans limite pour la mer, malgré ses dangers.

Tous sont «vraiment bénévoles » : les hommes de la SNSM ne sont absolument pas indemnisés pour leurs astreintes, ni même pour quelque sortie en mer que ce soit. Chacune des sorties de la vedette voit six hommes embarquer, chacun à son poste. Tous sont formés au secours en mer. La force de la SNSM réside dans la cohésion du groupe, sa formation. Et sa disponibilité.

« C'est surtout en semaine que le besoin se fait sentir, détaille le patron de la SNSM. Parce que certains travaillent…» Week-ends et vacances scolaires sont plus simples à organiser. Chacun des bénévoles accepte, sans faux-semblant, de sacrifier de son temps libre. Que l'on soit marié ou non. « Quand on est célibataire comme moi, ça va… », dit Jean-Luc Exposito… « Mais ça fait partie du système. Il faut l'accepter.»

À l'exemple de Yann, bénévole depuis deux ans : « Je voyais la vedette prendre la mer depuis mon appartement, explique Yann, 30 ans. J'ai eu envie de donner de mon temps… Mon épouse m'y a encouragé… »

« On n'a jamais tout vu »

Pourtant, ce sous-marinier venu de Brest pour prendre son affectation à Toulon est aussi un jeune papa… « Même si c'est vrai que l'on doit être à un quart d'heure maximum de la vedette lorsque l'on est d'astreinte, cela nous laisse toujours la possibilité d'avoir des activités en famille, de partager des bons moments » dit-il, serein.

Son meilleur souvenir ? « Le sauvetage d'un kayakiste au large de Toulon en hiver. Ses collègues n'avaient pas vu que le kayak s'était retourné. Il était en hypothermie lorsque nous sommes arrivés. C'est la seule intervention que j'ai faite où une vie humaine était réellement en danger. »

Pour Mathieu, c'est le sauvetage de gamins partis en Optimist. « Leur professeur leur avait fait prendre la mer malgré les très mauvaises conditions météorologiques. Les adolescents n'arrivaient plus à revenir au port… On les a récupérés à la pointe du cap Cepet ! »

Cet autre sous-marinier est tombé dans le bain de la SNSM dès l'enfance… Mais il lui a fallu attendre ses 18 ans révolus - il faut être majeur ! - pour venir gonfler les rangs des bénévoles. Et depuis douze ans, c'est toujours avec la même envie qu'il rejoint la vedette lorsque cela est nécessaire, et ce, « même si parfois, les gens à qui on porte assistance sont de mauvaise foi… »

Et hélas, les histoires ne se finissent pas toujours bien… « Ça nous arrive aussi de repêcher un corps, de connaître le plongeur qui a eu un accident », résume Jean-Louis Kleparsky.

Même si « on n'a jamais tout vu » dit-il encore, on apprécie aussi de « recevoir, à chaque fin d'année, la photo du couple d'Allemands que l'on a sauvé de leur bateau en feu… Et de voir qu'aujourd'hui, sur la photo, la famille s'est agrandie…»

 

Source: Var-Matin  Karine Michel - Photo Var-Matin E. Estrade

 
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