Les Articles

Une journée avec la SNSM

Anciens Articles

Une journée à veiller sur les flots avec la SNSM

Les équipiers de la Société nationale des sauveteurs en mer de Saint-Elme tiennent des permanences tout l'été. Aperçu du quotidien de ces bénévoles

«Mar Vivo parle pour Saint-Elme ». Au moindre grésillement de la radio, les têtes des sauveteurs se tournent vers le poste. Prêts à partir immédiatement en cas d'alerte sur leur secteur. Une belle zone qui s'étend de la presqu'île de Giens jusqu'aux Embiez. Nous avons passé une journée avec ces valeureux et indispensables gardiens des mers.

 

8 h 30

A la capitainerie de Saint-Elme, la matinée commence avec la prise de la météo sur le canal 63. « Ciel clair, houle non significative... Avis de tempête : néant. » Plutôt tranquille ; il fera bon naviguer aujourd'hui. « Il y a des jours où ça n'arrête pas », raconte Jean-Luc Esposito. L'ancien sous-marinier mène de front son activité de commercial et le bénévolat à la SNSM depuis déjà 7 ans et demi. Sur la base, les deux tiers des sauveteurs sont issus de la Marine nationale ou encore actifs. Sa vocation, Jean-Luc la désigne ainsi : « Moi, c'est la mer. »

Et l'action. Toute l'année, les vingt-deux membres de l'équipe sont disponibles 24 heures sur 24. Connectés à l'Alphapage : un petit dispositif qui relaie l'appel du CrossMed (voir page suivante). « Quand on nous " bipe ", à l'instant T, on ne sait pas pourquoi », reprend Jean-Luc Exposito.

« La moitié des alertes, ce sont des pannes de moteur. En fonction du temps qu'il fait, cela peut devenir grave ». Il y aussi les incendies, « les gens qui cuisinent des frites à bord... », les collisions, les accidents de plongée (la fameuse syncope des 7 mètres), les noyades. Et les « Evasan », les évacuations sanitaires. Elles concernent par exemple les passagers des gros paquebots nécessitant une hospitalisation d'urgence. A l'année, cela représente entre 60 et 100 interventions.

11 heures

Un « Seynois d'adoption » vient déposer son chèque de cotisation. Un don de 45 euros, source essentielle pour le financement des activités de la SNSM. Pour Jean-Louis Kleparski, le président, « c'est le qualificatif de société " nationale " qui nous porte préjudice : les gens associent les sauveteurs à un organisme subventionné par l'État ». Mais pas du tout. S'il y a bien quelques aides des mairies, de la région, du conseil général, etc., la SNSM est bien une association de type loi 1901, qui doit faire face à de nombreuses dépenses. Au premier plan, les combustibles et les pièces des réparations.

Pour l'entretien, c'est le « système D » : chacun réutilise ses compétences. Par chance, il y a des mécaniciens et des techniciens dans l'équipe. Michel Rouyer et Alain Michel sont aussi de permanence aujourd'hui. En octobre, ils changeront eux-mêmes les colonnes de la grosse vedette de Saint-Mandrier.

13 heures

Pause déjeuner avec Régine Lombard, trésorière et équipière de l'association. La dynamique épouse du président est aussi conseillère bancaire, mais elle ne compte plus son temps d'engagement pour la SNSM. « Au départ, on m'avait dit que c'était rien du tout » plaisante-t-elle. Un engagement qui a valu à l'association le prix « Cristal » de la Cour des Comptes.

15 heures

De retour au poste, le vent s'est peu à peu renforcé. Optimist, kayaks et voiles se multiplient dans la baie, mais toujours rien à signaler. Alain Michel s'affaire alors pour réparer l'alarme de la petite vedette. En poste au Centre d'instruction navale de Saint-Mandrier, il tient à saluer « l'équipage de l'ombre : les épouses ». Ce sont elles qui tiennent les stands de la SNSM lors des manifestations, comme dernièrement à la finale de la Coupe de France à la voile. Alain est devenu sauveteur après avoir été sauvé par « les collègues » un jour qu'il était en panne au Cap Brun. C'est à l'anse Méjean, tout près, qu'il garde un de ses souvenirs les plus marquants. Un vent de force 8, et c'est l'amarrage d'une famille qui cède : le sauvetage a duré toute la nuit. De l'avis de Jean-Louis Kleparski et de tous, « le plus beau, c'est sauver la vie des gosses ».

17 heures

Sortie de routine. Jean-Luc et Alain embarquent sur la petite vedette. L'Alphapage aussi (« le Blackberry », plaisante Alain). Et c'est parti pour un tour entre le cap Sicié (« le plus dangereux de la Méditerranée ») et le Baou rouge. A bord, ça secoue, ça mouille, ça plaisante : « Vous savez pourquoi on appelle les Deux Frères comme ça ? » Mais le contrôle reste professionnel : « Parfois on récupère juste des bateaux perdus, des véliplanchistes qui n'arrivent pas à rentrer ». En mer, tout le monde se salue d'un geste de la main : « c'est la courtoisie, mais aussi le signe que tout va bien » explique Jean-Luc. Ce jour-là, les sauveteurs escorteront un couple de plaisanciers, inquiets pour leur niveau d'huile. Pas spectaculaire, mais bien utile.

Les sauveteurs en mer, c'est aussi ça : du lien social. A Saint-Elme, tout le monde les connaît et vient saluer, demander un conseil. « Nous, on est avant tout une bande de copains » souligne Alain. « On partage les problèmes comme les joies.. Sur les belles interventions mais pas seulement », ajoute Jean-Louis. Un esprit d'équipe à l'épreuve de toutes les intempéries.

La SNSM fonctionne grâce aux dons. Si vous voulez rejoindre les rangs des précieux donateurs, voire des membres, contactez le 04.94.87.33.54.

 

Credits Var Matin Photo:Dominique Leriche texte:Sarah Bosquet



Mis à jour le (mercredi, 18 août 2010 00:20)

 
N° d'Urgence
  • An Image Slideshow
  • An Image Slideshow
Qui est en ligne ?
Nous avons 2 invités en ligne